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Le temple du Hâ avec sa bible et son décor floral
Temple du Hâ – crédit : EPUdB

Un peuple à consoler, un peuple à secouer. Ésaïe et Luc s’y emploient, chacun à leur manière. Et nous aujourd’hui, sommes-nous un peuple à consoler ? Un peuple, des « concitoyens », des membres d’une même société ?

Consolez, consolez mon peuple, écrit le prophète Ésaïe il y a 2600 ans.

Consolez mon peuple, paroles éternelles, paroles de toujours.

Culte de la cité du 13 janvier 2019

Lecture : Ésaïe 40,1-11 ; Luc 3,15-22

Toujours, le peuple est à consoler car toujours il est éprouvé. Oui, nous avons bien besoin de consolation aujourd’hui, que ce soit de peines personnelles, de craintes sociales ou de peurs mondiales. Mais d’anciennes paroles peuvent-elles vraiment nous consoler ?

De prime abord, ces 11 versets du chapitre 40 qui ouvre le 2ème livre d’Ésaïe, qu’on appelle habituellement le 2ème Ésaïe, ces 11 versets paraissent un peu opaques, hermétiques.

Qui doit consoler qui ? De quelle culpabilité parle Ésaïe ? Pourquoi crier, une fois, deux fois, trois fois ? Est-ce le bon moyen de consoler quelqu’un, le cri ? Et les lamentations sur la chair qui passe comme l’herbe, est-ce un bon moyen de consoler ? Et puis, qu’est-ce que c’est que cette domination de Dieu, porter les agneaux sur son sein ?

En écho, le lecteur régulier de la Bible entend déjà l’annonce de la venue du Christ, avec ces mêmes mots repris par Luc dans son évangile : frayez le chemin du Seigneur, aplanissez une route…

Culpabilité, cri, consolation

Je voudrais cheminer avec ces trois mots qui sont mêlés en permanence dans ce passage. Culpabilité, consolation, cri, les trois C.

Culpabilité

Quand une société s’interroge sur la cause des malheurs qui lui arrivent, elle est prompte à désigner des responsables, voire des coupables.

Un fonctionnement ancien et classique consiste à désigner un ennemi extérieur. Dans mon enfance, l’URSS figurait comme le grand épouvantail, l’ennemi qu’il fallait craindre. Survint alors le 9 novembre 1989, la chute du Mur de Berlin entrainant la fin de la division du monde en deux blocs et cet immense espoir d’un monde dorénavant en paix, sans menace, libre. Alors que cette année 2019 va fêter les 30 ans de cet événement extraordinaire, l’espoir a du plomb dans l’aile. Alors qu’en 1989, on a dit : « plus jamais de mur entre les hommes », l’année 2019 commence avec un mur au cœur des affaires américaines.

Un second fonctionnement, lui aussi ancien et banal, consiste à désigner au sein même de la société, le groupe responsable de tous les maux, le « bouc-émissaire », celui sur le dos duquel on met toutes les fautes pour s’en décharger. C’est commode. L’histoire nous enseigne, si on veut bien l’écouter, combien ce type de pensée est délirant et dangereux.

Le prophète prend effectivement la parole en parlant d’un combat, d’une faute, de péchés même. Lesquels ? ce passage ne le dit pas. Mais tout le peuple est concerné.

Ce qui nous arrive, au plan de la société, ne tombe pas du ciel. Ces mots sont difficiles à entendre, ils sont désagréables, je n’aime pas les dire, mais oui, ce qui nous arrive, nous en sommes responsables. Pas seulement certains d’entre nous, pas tel ou tel ennemi extérieur, pas tel groupe, ou groupuscule, mais nous tous. Une manière de diluer les responsabilités ? Non. Chacun est responsable selon ses capacités, selon son niveau de responsabilité. Je le répète, cela n’a rien d’agréable à entendre, et moi non plus je n’aime pas qu’on me dise ce que j’ai mal fait.

La plupart du temps, nous n’agissons pas mal parce que nous voulons faire mal, mais simplement parce que nous n’avons pas réfléchi aux conséquences de nos actes. Dans une société aux relations mondialisées, c’est évidemment bien plus compliqué d’avoir une vision claire des conséquences de mes actes.

D’autres fois, nous avons aussi pensé que de toute façon, si nous sommes les seuls à changer notre manière de faire, ça ne servira à rien. Dans la réflexion écologique par exemple, c’est un argument fréquemment entendu. Alors je ne change rien.

D’autres fois encore, nous avons simplement pensé à notre avantage personnel, sans imaginer les conséquences de cet acte s’il était généralisé.

Ce qui nous arrive ne tombe pas du ciel.

Par ignorance, par lâcheté, par paresse, par inconscience, par égoïsme, nous avons laissé faire. Nous avons laissé les inégalités s’accroître outrageusement, nous avons laissé l’injustice régner, nous avons laissé la terre être surexploitée. Nous avons laissé la misère s’installer dans l’un des pays les plus riches du monde.

Tout cela est vrai.

Mais je n’aimerais pas que vous partiez maintenant en courant, parce que les prophètes et Esaïe comme les autres, ne s’arrêtent jamais là. S’il met le doigt là où ça fait mal, ce n’est pas pour laisser la plaie béante.

Certes, l’humain est fragile, faible, il fane comme l’herbe, mais il y a une consolation, une espérance.

Consolation

Une magnifique bible Osty illustrée au temple du Hâ
Bible Osty illustrée – crédit image EPUdB

Peu importe ce que nous avons fait, ou ce que nous n’avons pas fait. Aujourd’hui, Dieu fait du neuf avec nous. Il veut ouvrir de nouveaux chemins.

Dieu choisit de dépasser la culpabilité. Ce qui est passé est passé. N’y revenons pas et regardons devant. Ne traînons pas indéfiniment les remords et les regrets, ils ne permettent pas de construire.

Consolez, consolez mon peuple. La Parole de Dieu subsiste éternellement. En nous-même, peu de ressources, mais la fidélité de Dieu est à toute épreuve. Sa gloire n’est pas dans la victoire guerrière, ni dans l’écrasement des ennemis, elle est dans la libération du peuple.

L’image de la route ouverte dans le désert, que les évangiles reprendront, est elle-même une reprise de toute l’histoire des Hébreux que Dieu a libérés de l’esclavage.

Si le désert est le lieu de l’épreuve, c’est aussi celui de l’espérance, le rappel de l’acte salutaire de Dieu par excellence. Dieu est celui qui libère.

Après la sortie de l’esclavage, Dieu a manifesté sa fidélité à son peuple par cet accompagnement dans le désert, le cheminement quotidien, le souci de l’eau, du pain, la rencontre cœur à cœur et le don de la loi, comme une aide pour la vie quotidienne.

Aujourd’hui, devant nous, un désert qui semble infranchissable, des obstacles qui semblent insurmontables. Mais Dieu ouvre pour nous un chemin. Il est celui qui libère hier comme aujourd’hui. Pour cela, il nous faut accepter d’aller avec Lui au désert, c’est-à-dire accepter de laisser beaucoup de choses, d’abandonner beaucoup de choses inutiles qui entraveraient notre marche. Toutes ces choses inessentielles avec lesquelles nous avons construit notre existence.

Dieu console et conduit au désert, dans la confiance et le dénuement salutaire.

Ce Dieu dont la force est annoncée, dont le bras assure la domination, voyez comment il agit : il rassemble les agneaux, il les porte sur son sein, il conduit les brebis qui allaitent.

Etonnante démonstration de force ! Et si l’action juste se situait là, justement, dans l’attention aux plus faibles, aux plus fragiles, aux plus petits ?

Comme le dit le psaume 23, le Seigneur est un berger qui prend soin de son peuple, mais pas de façon indifférenciée. Le Seigneur est mon berger, qui prend soin de chacun selon ses besoins.

Crier

Consolez, parlez, criez. Quelqu’un crie. On répond « Que crierai-je ? »

Monte sur une montagne et élève la voix avec force.

Que signifient ces verbes, ce dialogue ? C’est Dieu qui cherche des partenaires. Certes l’humain est faible, il fane comme l’herbe, pourtant Dieu l’a choisi comme partenaire, comme interlocuteur.

Dieu cherche des partenaires pour frayez le chemin, pour tracer une route, pour porter une bonne nouvelle. Qui osera répondre présent à l’appel de Dieu ? Qui acceptera d’être porteur de bonne nouvelle dans un monde qui se repaît des mauvaises, qui acceptera d’être le héraut, le porte-parole de Dieu ?

Vous, hommes et femmes de bonne volonté, acceptez-vous d’être ces porteurs de bonne nouvelle, aux antipodes, à contre-courant du discours actuel ?

Vous hommes et femmes de bonne volonté, acceptez-vous cette responsabilité d’annoncer la confiance là où règne la méfiance ?

D’annoncer la réconciliation là où fleurit la division ?

D’annoncer la paix là où l’on souffle sur les braises de la violence ?

D’annoncer le soin des plus fragiles là où les violents s’emparent du pouvoir ?

Monte sur une haute montagne, toi qui portes la bonne nouvelle. Elève la voix !

Oui, Dieu choisit d’avoir besoin de vous, de nous, pour porter ce message bizarre, décalé, « à côté de la plaque », ce message de bonne nouvelle quand tout va mal.

Aujourd’hui trois pasteurs vont être accueillis dans leur nouveau poste, postes dont la diversité manifeste la diversité des lieux où l’Eglise prend la parole et agit : l’Eglise locale, l’entraide et la présence auprès des malades. L’engagement des pasteurs est source de joie pour l’Eglise.

Dieu appelle également des hommes et des femmes dans d’autres types de ministère, par exemple comme conseiller presbytéral ou catéchète. Mais ce n’est pas tout ! Des hommes et des femmes entendent l’appel de Dieu et deviennent porte-parole de la Bonne Nouvelle dans leur vie quotidienne, comme parents par exemple, ou dans leur métier.

Prenez courage, Dieu console son peuple. Il l’a montré en venant habiter notre humanité en Jésus-Christ, désigné au moment du baptême comme son « fils bien-aimé ».

A son tour, Jésus a montré toute la douceur du Père pour les agneaux, pour les brebis.

Il a porté la Bonne Nouvelle à ceux qui étaient perdus. En lui, Dieu a fait échec à la mort.

Alors prenez courage : pour nous aujourd’hui encore, Dieu ouvre une route nouvelle.

Soyons porteurs de cette Bonne Nouvelle !

Amen

Pasteure Emmanuelle Seyboldt
Présidente du Conseil national de l’EPUF

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