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Dans le cadre de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2019, une célébration a réuni le 20 janvier 2019 des chrétiens protestants et catholiques au Temple du Hâ.  L’Archevêque de Bordeaux, Jean-Pierre cardinal RICARD a apporté l’homélie lors de cette célébration.

Les noces de Cana

Chers frères et sœurs,

Cet épisode des noces de Cana nous est familier. Jésus et ses disciples sont invités à une noce de village. La fête dure. Il y a beaucoup de monde, et catastrophe, le vin vient à manquer. Les familles des mariés sont menacées de perdre la face. On risque de leur reprocher longtemps le fiasco de ces noces. La mère de Jésus pressent le drame et intervient auprès de son fils. Celui-ci semble prendre des distances vis-à-vis d’elle puis va accomplir discrètement ce premier miracle. Il transforme l’eau en vin. Il offre un vin, un vin fameux par sa quantité (entre 500 et 600 litres) et par sa qualité (N’a-t-on pas gardé le meilleur vin pour la fin ?). Jean nous dira « Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui ».

Mgr Ricard au Temple du HâMais une question s’impose vite à nous ? En quoi cette scène nous concerne-t-elle aujourd’hui ? Que vient-elle nous dire ? De quelle bonne nouvelle est-elle porteuse ?

On sent bien que ce récit a une autre portée que celle de nous relater simplement l’aide apportée à des mariés qui se trouvaient dans un mauvais pas. Ce vin évoque un autre vin et ces noces de Cana d’autres noces. C’est la réponse de Jésus qui nous met sur la piste d’une compréhension plus profonde. En effet, il parle d’une heure qui n’est pas encore venue : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue ».

L’heure dont il est question évoque dans l’évangile de Jean, l’heure du grand passage, l’heure du mystère pascal, l’heure de la mort et de la résurrection de Jésus. C’est l’heure où le salut va être donné, c’est l’heure messianique des noces de Dieu avec son peuple. Le vrai marié qui va occuper le centre de la scène, en fait, ce n’est pas le jeune époux de Cana, c’est Jésus, qui vient célébrer ses noces avec son Église.

Marc désignera les disciples de Jésus comme « les invités à la noce » (cf. Mc 2, 18-20) et le livre de l’Apocalypse proclamera bienheureux « les invités au festin des noces de l’agneau » (Ap. 19,9). Le vin des noces de l’Agneau sera celui de l’Eucharistie, celui du Sang du Christ, et plus largement celui de cette vie donnée, livrée, « pour que les hommes aient la vie et l’aient en abondance » (Jn 10, 10). A travers cette abondance du vin offert à Cana, Jésus accomplit le signe du don ici anticipé de cette vie nouvelle, annonciatrice des temps messianiques.

Car, les prophètes avaient annoncé que Dieu, lors des derniers temps, interviendrait dans l’histoire des hommes. Le mal n’aurait pas toujours le dernier mot. Dieu transformerait  les cœurs. Il recréerait l’homme de l’intérieur. C’est ce que Dieu dit par la bouche du prophète Ézéchiel : « J’ôterai votre cœur de pierre, je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai en vous mon Esprit et vous vivrez » (Ez. 36, 26-27). Jean Baptiste avait proclamé que celui qui viendrait après lui baptiserait, non plus dans l’eau seulement, mais dans l’Esprit Saint et le feu. C’est Jésus qui transforme le baptême d’eau en baptême d’Esprit et de feu, c’est lui qui change l’eau en vin. C’est lui qui transforme la vie de l’homme en y créant du neuf, en y faisant pousser ces fruits de l’Esprit dont parle Saint Paul dans l’épître aux Galates : « l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur, la maîtrise de soi » (Gal. 5, 22).

Les catéchumènes, ces adultes qui se sont convertis et qui demandent le baptême, nous disent tout ce que ce que cette rencontre avec le Christ, ce compagnonnage avec l’Évangile, cet apprentissage d’une vie dans l’Esprit, ont changé dans leur vie. Ils pressentent la transformation profonde que cette amitié avec le Christ dans la vie baptismale va leur faire vivre. Ils nous disent : nous ne voyons plus les choses comme avant ; nos yeux se sont ouverts, nous avons changé ; je ne suis plus tout à fait le même, tout à fait la même. Et on lit dans leurs yeux une vraie joie spirituelle. Je dois vous avouer que cette rencontre avec ces catéchumènes et ces néophytes soutient chaque année ma foi et mon ardeur apostolique. Je me dis : le Seigneur est là ; il est à l’œuvre ; il crée du neuf dans la vie de ces hommes et de ces femmes. Dieu nous dit : « Voici que je fais toutes choses nouvelles » (Ap. 21, 5).

Frères et sœurs, cet évangile de Cana vient nous rappeler que nous avons à annoncer le Christ comme celui qui apporte le salut à l’homme par la transformation de sa vie. Il change l’eau de notre vie quotidienne, l’eau de nos lassitudes, de nos peurs, de notre égoïsme, de nos repliements en vin de la fête, vin de la joie, de la confiance, de la bienveillance, de la solidarité, de la fraternité et du don de nous-mêmes. Nous avons à dire à tous : Oui, le Christ peut changer ton cœur et tu goûteras avec lui quelque chose du vrai bonheur. Viens, tu es invité, toi aussi à la fête. Tu es invité, toi aussi, au festin des noces de l’Agneau. Viens ! Oui, tu es invité, tu es attendu !

C’est ce témoignage que nous avons à donner au Christ qui nous unit aujourd’hui au delà de nos différences ecclésiales. C’est cette même mission qui nous fait vivre une communion qui trouve sa source dans notre foi commune dans le Seigneur. Comme dit le pape François, l’Église ne doit pas ressembler à la femme recourbée de l’Évangile, celle dont nous parle Saint Luc au chapitre 13, cette femme qui ne peut se relever et qui ne regarde que son nombril. Le Christ la guérit et elle rend gloire à Dieu. L’Église ressemble à cette femme lorsqu’ elle ne s’intéresse qu’à elle-même, qu’à son organisation, qu’à son animation interne. Alors souvent cette Église tombe malade. L’Église, au contraire doit sortir, aller à la rencontre des hommes et des femmes qui sont porteurs, de questions, d’attentes, d’une faim et d’une soif dont ils ne sont pas toujours conscients. C’est en sortant et en portant ensemble le message de l’Évangile que le Seigneur nous guérira, nous relèvera et nous donnera comme aux premiers chrétiens « un seul cœur et une seule âme » (Ac. 4, 32). On observe d’ailleurs que, dans l’histoire du mouvement œcuménique, mission et œcuménisme ont toujours été liés.  Alors, ce matin, que le Seigneur nous bénisse et qu’ensemble il nous envoie ! Amen.

+ Jean-Pierre  cardinal RICARD
Archevêque de Bordeaux

Télécharger l’homélie de Mgr Ricard

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